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Interview du directeur technique national

JEAN-CLAUDE SKRELA

MEDIRUGBY (JJR) :
Je voulais d’abord remercier au nom du Comité Médical, lePrésident Pierre Camou qui nous a fait l’honneur de lancernotre congrès ainsi que vous qui nous faites l’amitié devotre présence sur ces deux jours.Vôtre avis de technicien ?Peut-on évoquer des évolutions possibles à partir de ce qui a été présenté ?

JC SKRELA :
D’abord ce congrès : c’est une superbe réussite, je ne sais pas comment on pourrait trouver d’autres mots, au vu de laqualité des travaux et des recherches qui ont été exposés.C’est intéressant car pour moi qui ne suis qu’un entraîneur, ily a eu une interactivité entrele médical et la technique.Il y avait des exposés degrande qualité avec des médecins, des chirurgiens, disponibles, et à l’écoute des congressistesà la plus grande satisfactionde tous.Cela a été pour moi, unechance de discuter avec beaucoup de médecins de clubs, d’équipes, de kinés, il y avait plus de 400 personnes, c’estdonc un grand succès !

MEDIRUGBY :
Il fut évoqué à plusieurs reprises, la protection du joueur, cela a été mis en avant, au niveau de la DTN, qui travaille de concert avecle comité médical, sur le rachis cervical, quels sont les prochains axes de travail ?

JC SKRELA :
Avec le pôle scientifique de la DTN, on travaille sur la prévention que cela soit sur les enfants, les moins de 20, les filles, le quinze de France.Mais au-delà de tous les projets que l’on a avec le comité médical, il y a dans ce congrès deux points qui m’ont paru importants en dehors de ce qui est de l’ordre purementmédical et curatif.Le premier, exprimé lors dedeux exposés, est le fait dunombre de kilomètres tropimportants effectués à l’entraînement.Cela impose uneréflexion, car cela se rajouteà ceux faits en match.On ne peut pas répéter tropsouvent ces kilomètres, carj’ai l’impression qu’un coureur à pied préparant par exemple un marathon n’en fait pas autant proportionnellement.Donc cela amène à se poser la question de comment s’entraîner en faisant moins de distance.Le deuxième c’est par rapport aux commotions cérébrales, comment faire pour améliorer encore la prise en charge entre autre au niveau des bilans,en particulier pour nosjoueurs évoluant dans lesPôles dont nous avons lacharge.

MEDIRUGBY :
Toujours dans l’idée de la protection et cela a été évoquédans 2 présentations, sur le Rugby Smart de Nouvelle Zélande, est il envisageablede développer un programme de prévention
par rapport aux joueurs, aux entraîneurs au niveau des blessures potentielles.

JC SKRELA :
Oui, nous pouvons poursuivre par rapport à cette prévention,on le fait déjà au niveaudu rachis cervical, nous sommes entrain de développer des outils avec des entreprises,par exemple au niveaudes jougs.
Mais je voudrais dire à tous les médecins, que la pression est trop forte surtout sur desjeunes joueurs ou des amateurs sans parler des professionnels bien sûr.
La meilleure des préventions aujourd’hui en termes de sécurité, c’est d’être convaincu de ne pas faire reprendre trop tôt un joueur qui n’est pas totalement rétabli. Lorsque la présentation del’étude faite dans un club surles joueurs de –20 ans, montre le nombre élevé des récidives, je crois que la plus grande des préventions pour ces joueurs, c’est de faire reprendrequand vraiment il estpossible de reprendre à toutpoint de vue.

MEDIRUGBY :
Nous sommes d’accord en tant que médecins, c’est souventnous qui subissons cette pression et si ce message pouvait passer…

JC SKRELA :
Je pense que le médecin doit pouvoir résister à la pression de l’entraîneur, en étant autonome.C’est vrai que cela doit êtrecompliqué mais à un moment donné au vu de toute l’évolutionmédicale autour durugby, je crois que nous notre responsabilité d’éducateurs et d’entraîneurs, c’est de nepas faire reprendre précocement le sport.Il faut vraiment laisser guérirle joueur, le réathlétiser et ensuite le remettre en compétition, cela je l’ai entendu pratiquementà chaque exposé.

MEDIRUGBY :
C’est un message que nous voulons faire passer d’autant plus que dans la salle on note la présence des entraîneurs et des préparateurs physiques.Donc on a parlé de la recherche sur le rachis cervical, est ce qu’il y a d’autres projets par exemple sur le rachis lombaire car une présentation parlait des études sur les jeunes avec le problème de la croissance ?

JC SKRELA :
Je vous réponds franchement non. Je ne sais pas si c’est à nous de le susciter et de le faire réaliser.Mais aujourd’hui, nous avons des projets importants, en particulier sur la physiologie, car le rugby à 7 va sûrement aller aux Jeux Olympiques, des travaux vont être menés.

MEDIRUGBY :
Le sujet a été évoqué, le dopage avec le rugby professionnelet les calendriers, comment pourra t on se sortir de cette spirale infernale qui a l’air de s’instaurer ?

JC SKRELA :
Je pense que c’est dommage qu’il n’y ait pas eu dans la salle d’avantage de présidents de clubs et même quelques élus fédéraux pour écouter parce que lorsque c’est nous (les entraîneurs et joueurs) qui allons en parler, nous sommes moins entendus.

Mais aujourd’hui il y a des travaux qui sont réalisés, qui expliquent pourquoi les joueurs vont se doper ou utilisent des compléments nutritionnels avec le risque comme l’a expliquéun orateur, de consommerdes produits illicites mélangés à ces compléments.Quand je vois l’exposé avecles chiffres sur le nombre dejoueurs en particulier qui sont concernés parfois plusieurs fois par des suspicions ou desmises en arrêt de travailmême s’il n’y en a pas énormément, cela pose problème.
Donc c’est dommage que nos dirigeants n’aient pas été présents à ces travaux pour se rendre compte de cela.Comme je l’ai dit à plusieursmédecins , cela m’interpelleénormément, c’est vrai que le joueur veut être compétitif, il faut qu’il fasse 3 matchs en 10 jours, cela fait qu’ensuite cela engendre des blessures en particulier dans le 3ème quart temps . Mais moi je n’ai pas la solution.

MEDIRUGBY :
En parlant d’avancée que pensez vous de la publicationsur l’amélioration des performances visuelles car je sais que certains pays l’on déjà intégré dans leur préparation, où en est on ?

JC SKRELA :
Avec la cellule du Pôle scientifique, le staff de l ‘équipe de France est parti aux USA cet été, ils ont eu cette présentation des travaux et nous sommes entrain d’étudier comment mettre en place cela et ce jour nous avons trouvé une personne ressource, donccela sera fait.J’y suis très favorable car jesuis convaincu que beaucoupde fautes de mains, de décisions hasardeuses sont dues à une vision déficiente et une mauvaise interprétation

MEDITRUGBY :
Surtout que la vitesse de prise de décision a augmenté…

JC SKRELA:

Nous allons voir commentnous allons le reproduire surle terrain.La seule chose que j’auraiaimé voir c’est le matériel nécessaire et il aurait été intéressant de revoir le mode opératoireavec un aperçu par l’image.
Je suis convaincu que c’est un élément important de l’évolution de notre jeu.

MEDIRUGBY :
Je vous remercie, un mot pour conclure ?
JC SKRELA :
Je suis fier d’avoir participé à ces deux jours et fier d’être le DTN d’une activité rugby qui agénérée cette passion médicale autour de notre sport, pour le jeu et le joueur et je voudrai féliciter toute la commission et les organisateurs de ce congrès, une granderéussite