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Gregory Coupet reçoit MédiFoot pour un entretien exclusif
Grégory Coupet bonjour, tout d’abord merci de nous accorder un peu de votre temps pour cet entretien.
Je commencerai tout d’abord en vous demandant si vous pouviez nous expliquer toute l’affection et l’estime que vous portent les supporters parisiens connus pour ne pas être très faciles ?
Je pense que cela vient de la relation assez simple que j’ai su tisser, et du fait que je sois abordable très facilement par les supporters lors des entraînements, ce qui crée une proximité. Ensuite c’est ce que j’ai montré sur le terrain qui a rassuré sur les éventuels doutes que l’on pouvait avoir à mon égard. De retour de l’étranger et avec mon âge on pouvait penser que j’étais venu à paris pour passer une retraite dorée et j’ai su prouver que ce n’était pas le cas.
Pour revenir sur votre blessure que se passe t’il dans votre tête à ce moment là?
Ce qui est difficile c’est le moment de panique quand on voit sa cheville complètement de traviole, je n’ai pas souvenir d’une importante douleur mais plus cette vision de ma cheville. A ce moment là on se dit que c’est très grave, tout se bouscule, on pense que c’est fini et que l’on ne pourra jamais revenir. La chance que j’ai eue, c’est d’avoir un docteur qui a réduit immédiatement la fracture sur le terrain avec un calme et un sang- froid extraordinaire.

Vous rappelez vous quels ont été les premiers mots du médecin quand il vous rejoint sur le terrain ?
Il ne m’a pas parlé mais la sérénité qu’il dégageait et le regard que l’on a échangé c’était comme ci il m’apportait toutes les réponses. Moi je tenais mon tibia en me disant, là il ne faut plus que ça bouge et lui a été extraordinaire. Il a pris ma cheville et tiré dessus avec une douceur extraordinaire, j’ai senti et entendu deux cracs et la ma cheville s’est remise droite. Sans sensation de douleur j’ai ressenti un immense soulagement à ce moment là et il m’a attrapé le bras en me répétant très calmement « voila c’est fini, c’est fini ».
Quand vous sortez sur la civière et que vous applaudissez les supporters vous sembliez serein ? Était ce le cas ?
Déjà la mise sur brancard s’est très bien passée, les mecs ont été super. Du coup je n’ai aucune sensation de douleur et tout me semble sous contrôle. C’est pour cela que j’ai pu garder une certaine lucidité et entendre le parc scander mon nom, que je remercie d’ailleurs et que j’ai applaudi à mon tour. Dans ce moment tragique cela a été un grand moment de bonheur émouvant et si j’avais osé je me serais redressé pour les saluer.
Entre le moment où vous vous blessez et l’intervention il s’est passé très peu de temps, cela n’est il pas un peu paniquant ? Ou aviez-vous alors pleine confiance envers le médecin du club ?
Absolument pas, nous sommes partis directement à la Salpêtrière, notre doc, Eric Rolland est resté avec moi, il a pris les choses en main et quand je lui ai demandé qui m’opérait il m’a dit « c’est moi » alors qu’il intervient de moins en moins. Du coup j’étais en pleine confiance et je me suis laissé aller sans appréhension.
Après l’intervention, au moment du réveil quelles sont les premières questions que l’on se pose ?
Déjà, avant l’intervention il y a les radios, pour vérifier le diagnostic, qui n’indiquaient rien d’inquiétant puis ce que je me suis cassé ce qui fallait où il fallait, ce qui était donc moins grave que prévu et rassurant pour la suite. Après on sait qu’une anesthésie générale n’est pas anodine et qu’il peut y avoir des mauvaises surprises qui n’apparaissaient pas sur les radios, mais finalement l’intervention s’est très bien passée et une fois de plus le doc a été très rassurant dés mon réveil.
Concernant votre carrière les médecins vous ont-ils rassuré rapidement ?
Oui, mais moi il n’y a pas besoin de me rassurer dans ce domaine là, à partir du moment où l’on me dit voila c’est cassé mais ça se répare ça mettra le temps qu’il faut et puis voila. Au début de ma carrière je me suis cassé le poignet comme vous pouvez le voir et on m’avait dit à l’époque que le foot, c’était terminé. Je n’ai jamais voulu l’accepter et cette fois encore si on m’avait dit la même chose j’aurais réagi de la même façon. Je pense que parfois il faut être trop sûr de soi pour surmonter les épreuves. J’ai toujours eu le sentiment d’être incassable et à la rigueur une fracture ce n’est pas grave, surtout quand on voit l’évolution de la chirurgie qui fait des choses extraordinaires.
La direction du PSG quant à elle vous a-t-elle rassuré quand à votre statut de premier gardien de l’équipe ?
Non pas du tout il va d’abord falloir que je me rétablisse et voir le temps que cela mettra. On est jamais sur de rien et ce que l’on me demande c’est de courir vite, sauter haut et que mon âge est quand même bien là j’ai 37 ans. Il va donc falloir voir comment je réagis à tout cela, tout en sachant qu’à la suite d’une blessure et d’une opération aussi grave il peut se passer plein de choses comme une inflammation ou toute autre réaction. Ce n’est pas le cas actuellement, j’ai une cheville qui réagi très bien à tout le travail que je lui propose et qui se porte très bien. A l’heure où je vous parle on peut être rassuré.
Aujourd’hui comment vous sentez vous physiquement et pensez vous qu’il vous serra possible de réintégrer l’équipe rapidement ?
Si je peux postuler et être à la disposition du groupe fin mars ce serait génial.

Une telle blessure pourrait-elle occasionner de l’appréhension lors de vos premiers matchs ?
Certainement, il y a toujours une part psychologique importante et au-delà de la souffrance et des soins actuels la grande difficulté sera de passer la première frappe sur la cheville, le premier arrêt du pied. Quand je me suis blessé au poignet et au genou j’attendais avec impatience les premières frappes. Il faut ce premier contact et à partir de ce moment là on s’aperçoit que cela tient malgré une éventuelle douleur. Cette appréhension sera importante sur les premiers entraînements qui m’apporteront la sérénité nécessaire pour mon match de reprise.
Pourriez-vous nous parler de toutes les étapes par lesquelles il faut passer avant de pouvoir revenir au meilleur niveau après une telle blessure ?
C’est vraiment génial, je prends beaucoup de plaisir, une telle rééducation c’est une vrai aventure humaine durant laquelle je rencontre du personnel au centre d’entraînement que les joueurs valides ne rencontre pas forcément. Je vois vivre le centre différemment sans les joueurs qui ne sont pas là les après-midi. C’est un vrai travail main dans la main avec les docteurs, les kinés, avec des liens qui se créent et à partir de là, la volonté vient d’elle-même, puis il faut le vouloir tout simplement.
Il paraît qu’un appareil vous est dédié et qu’il a été baptisé « La Coupet?
En effet comme j’avais l’expérience du genou, je savais qu’il existait un appareil pour continuer à faire du cardio sans pouvoir se servir de ses membres inférieurs. C’est la machine des Winch où l’on fait du vélo à bras. Le club a donc réagit très vite en achetant une machine de ce type.
Après une carrière aussi brillante que la vôtre n’a-t-on pas envie de baisser les bras face à tout le travail et efforts qu’il est nécessaire d’entreprendre pour retrouver son meilleur niveau ?
Oui dans un moment de faiblesse tu peux te dire que c’est bon, que tu as déjà donné beaucoup et que tu mérites de te reposer tranquillou. Mais pour ma part j’ai avec le Paris Saint Germain un engagement de deux ans dans lequel je me suis engagé à donner le meilleur de moi-même, donc blessé ou pas je vais le faire. D’un autre côté c’est aussi pour moi car au-delà du PSG je veux continuer à faire du sport comme n’importe qui et même plus fort, donc il faut absolument que je me rétablisse. Donc oui dans un moment de faiblesse on peu y penser mais ça ne dure pas plus de dix secondes.
Si vous avez décidé d’endurer toutes les étapes que comporte une telle rééducation ce n’est pas pour raccrocher en fin de saison, alors pouvez vous nous dire si vous avez déjà abordé le sujet avec les dirigeant du PSG ?
Comme je vous le disais j’ai un contrat de deux ans avec le Paris Saint Germain et je compte bien l’honorer de la plus belle des manières
Une question plus générale sur le PSG. Pensez vous que si l’équipe avait été un peu plus épargnée par les blessures le résultat serait différent aujourd’hui?
C’est clair, on a jamais pu aligner une équipe type et surtout une équipe type sur du long terme. De ce fait, il est difficile d’acquérir les automatismes qui demandent un gros travail collectif qui ne peut pas se mettre en place. Résultat, pas d’automatisme, problème de tactique de jeu et un manque de confiance qui s’installe. Aujourd’hui par exemple ce sont nos attaquants qui trottinent et donc impossibilité de faire un travail offensif. Heureusement c’est un super groupe avec une très bonne ambiance qui une fois qu’il aura mangé son pain noir pourra enclencher une vitesse supérieure. Toutefois le PSG est un grand club qui ne peut pas se contenter d’une dixième place et c’est à nous d’évoluer dans nos mentalités pour être encore plus conscients que l’on défend des couleurs et un club important et qu’à partir de là ça nous demande des obligations dans l’engagement, l’agressivité et l’état d’esprit.
Grégory Coupet encore merci pour cette entretien et je vous souhaite de retrouver très vite le chemin des terrains pour votre plus grand plaisir et celui des supporters qui vous attendent avec impatience. Et comme on dit chez nous « Paris est MAGIC » alors cela ne devrait plus trop tarder.
Propos recueillis par Grégory BUSUTTIL au Camp des loges le 27 janvier 2010.
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